IWE, IWT, IWS, IWP : qui fait quoi en coordination soudage ?
Quatre sigles qu’on lit sur les CV et dans les appels d’offres, et qui ne veulent pas dire la même chose. Voici ce que chacun couvre, et lequel est exigé selon ce qu’on fabrique.
D’où viennent ces diplômes
IWE, IWT, IWS et IWP sont des diplômes de l’Institut International de la Soudure (IIW), délivrés dans chaque pays par un organisme national agréé. Ils sont reconnus dans tous les pays membres, ce qui explique qu’un IWE français puisse coordonner une fabrication en Belgique ou en Allemagne sans repasser d’examen.
Ils répondent à une norme, la EN ISO 14731, qui décrit les tâches et les responsabilités du coordinateur en soudage et distingue trois niveaux de connaissance : complet, spécifique et de base. Les trois premiers diplômes correspondent à ces trois niveaux.
Les quatre niveaux
IWE, International Welding Engineer
Le niveau le plus élevé : connaissances techniques complètes. Accessible aux ingénieurs. C’est le profil attendu pour les fabrications critiques, nucléaire, appareils à pression, charpente en classe d’exécution EXC4, et pour les entreprises qui doivent démontrer une maîtrise complète du soudage devant un organisme de certification.
IWT, International Welding Technologist
Connaissances spécifiques. Accessible aux techniciens supérieurs. C’est le coordinateur type de la plupart des ateliers de chaudronnerie, tuyauterie et charpente en EXC3 : il qualifie les modes opératoires, suit les licences des soudeurs, tranche sur les réparations.
IWS, International Welding Specialist
Connaissances de base. Souvent un ancien soudeur ou chef d’équipe monté en compétence. Suffisant pour coordonner les fabrications courantes en EXC2 avec des aciers ordinaires et des épaisseurs limitées, et pour épauler un IWT ou un IWE sur un chantier.
IWP, International Welding Practitioner
Le diplôme du praticien : un soudeur expérimenté qui prend du recul sur le procédé, la préparation et le contrôle. Ce n’est pas un niveau de coordination au sens de la EN ISO 14731, mais c’est un vrai plus pour un chef d’équipe soudage ou un formateur interne.
Quel niveau est exigé, et par qui
Ce n’est pas le diplôme qui décide, c’est la fabrication. En charpente métallique, la norme EN 1090-2 associe le niveau de coordination à la classe d’exécution, à la nuance d’acier et à l’épaisseur : plus la structure est critique, plus le niveau monte. En appareils à pression, en nucléaire ou en pétrochimie, ce sont les codes de construction et les cahiers des charges du client qui fixent l’exigence, et elle est presque toujours au niveau IWE ou IWT.
Dans une entreprise certifiée EN 1090 ou ISO 3834, le coordinateur est nommé par écrit et sa qualification est vérifiée par l’organisme de certification. Quand il part, l’entreprise a un délai court pour le remplacer, faute de quoi le marquage CE de ses structures est suspendu. C’est pour ça que les coordinateurs disponibles en mission sont recherchés, et que les intérims de trois à six mois pendant un recrutement sont fréquents.
Ce que ça change sur une fiche Soudly
Sur Soudly, un coordinateur en soudage déclare son diplôme IIW dans ses habilitations et son métier en tant que tel. Une entreprise qui cherche un IWT pour trois mois filtre directement sur ce critère, sans passer par une annonce. Le diplôme apparaît sur la fiche à côté des procédés maîtrisés et des secteurs pratiqués.
Ce qu’il faut retenir
- IWE : connaissances complètes, ingénieur. IWT : spécifiques, technicien. IWS : de base.
- IWP est un diplôme de praticien, pas un niveau de coordination.
- Le niveau exigé dépend de la classe d’exécution ou du code, pas du bon vouloir de l’entreprise.
- Une entreprise certifiée sans coordinateur nommé perd vite son certificat : le remplacement est urgent.
Cette page résume les principes de la norme EN ISO 14731 et du système de qualification de l’IIW. Les conditions d’accès et les exigences par fabrication relèvent des textes en vigueur et de l’organisme de certification. Elle ne remplace ni la norme ni un avis d’expert.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre IWE et IWT ?
Le niveau de connaissance reconnu par la norme EN ISO 14731. L'IWE (ingénieur) couvre les connaissances techniques complètes, l'IWT (technologue) les connaissances spécifiques. Dans les faits, l'IWE est exigé sur les fabrications les plus critiques, l'IWT suffit sur la majorité des ateliers de charpente et de chaudronnerie courante.
Un IWS peut-il être coordinateur en soudage ?
Oui, pour les fabrications où la norme ou le code accepte des connaissances de base. En charpente métallique EN 1090-2, c'est le cas pour la classe d'exécution EXC2 avec des aciers courants et des épaisseurs limitées. Au-delà, il faut un IWT ou un IWE.
Faut-il un diplôme d’ingénieur pour passer l’IWE ?
Oui. L'accès à la formation IWE demande un diplôme d'ingénieur ou un niveau équivalent reconnu par l'organisme national. L'IWT est ouvert aux techniciens supérieurs, l'IWS aux titulaires d'un bac professionnel ou technologique avec expérience. L'IWP s'adresse aux soudeurs expérimentés.
Où passe-t-on ces diplômes en France ?
Les diplômes sont délivrés sous l'autorité de l'organisme national agréé par l'IIW pour la France, avec une formation en plusieurs modules qui représente plusieurs centaines d'heures pour l'IWE et l'IWT, souvent réparties sur plusieurs mois en alternance avec l'activité.
Un coordinateur en soudage doit-il savoir souder ?
Non, ce n'est pas exigé. Sa responsabilité porte sur la qualification des modes opératoires, le suivi des qualifications des soudeurs, le choix des produits d'apport, la préparation et le contrôle. Un IWE qui n'a jamais tenu une torche est courant. Un IWP, à l'inverse, est d'abord un soudeur.